Jacques Chirac est né le 29 novembre 1932 à Paris. Il a exercé les plus hautes responsabilités de la Vième République. Tombé dans la politique très jeune, il aura au total exercé 30 ans de vie politique de premier plan. En effet, entre 1967 et 2007, il aura été 3 fois Premier ministre, maire de Paris pendant 18 ans, député pendant 19 ans et bien sûr président de la République pendant 12 ans (un premier mandat de 7 ans puis un second mandat de 5 ans).
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Affiches de 1995, à gauche, on peut voir l'affiche de Lionel Jospin, candidat socialiste et adversaire de Jacques Chirac et au milieu et à droite, on peut voir les affiches de Jacques Chirac pour l'élection.


Après deux échecs électoraux à la présidence de la République en 1981 et 1988, Jacques Chirac est élu président de la république le 17 mai 1995.

Il nomme son plus proche conseiller, Alain Juppé, Premier ministre.

Basant sa campagne principalement sur une augmentation des dépenses publiques pour relancer la croissance et réduire les inégalités, il change subitement d'avis une fois élu et présente un plan de rigueur et de réformes des retraites qui engendrent des grèves massives qui dureront plusieurs semaines.

Ces décisions étaient en pleine contradiction avec ses promesses de campagnes et de nombreux électeurs se sont sentis trahis. Plusieurs grèves éclatent notamment dans la fonction publique et à la SNCF. Son Premier ministre, Alain Juppé, devient très impopulaire. Dans une situation de blocage, Chirac annule de nombreuses réformes de son Premier ministre afin de relancer le pays. Les sondages d'opinion montrent une très nette baisse de popularité d'Alain Juppé. Beaucoup de gens furent très insatisfaits de ces réformes.
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Finalement aucune réforme concrète n'aura lieu, le pays se retrouve dans une situation de blocage. Afin de relancer son action politique, il décide de dissoudre l'Assemblée Nationale en 1997. Il n'arrive pas à convaincre les électeurs, déçus par les promesses non tenues et en 1997, les socialistes, adversaires de Chirac, remportent les élections législatives. C'est donc une période de cohabitation qui commence avec un président de droite et un Premier ministre de gauche.

Lionel Jospin devient Premier ministre privant Jacques Chirac de tout pouvoir pendant 5 ans. En tant que Premier ministre, il est en charge de toute la politique intérieure du pays mais il peut aussi intervenir sur la politique internationale. Le Premier ministre devient rapidement plus populaire que le Président d'autant que sa politique économique efficace permet de réduire le chômage de manière significative.

Bien que rarement en désaccord avec Chirac sur le plan extérieur, Jospin devient rapidement encombrant lors des sommets européens où il peut aussi exprimer ses points de vue. Chirac se retrouve donc dans un espace relativement limité et subi la politique du Premier ministre. Son action est alors plus que limitée tant au niveau international qu'au niveau international.
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De son premier mandat, on se rappellera sans doute de sa décision maladroite de reprendre des essais nucléaires dans le Pacifique en 1995, année du cinquantenaire des bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki, ce qui provoque un tollé, en particulier en Nouvelle-Zélande, en Australie, au Japon, aux États-Unis et dans les milieux écologistes. Les sentiments anti-français sont exacerbés pendant cette période en Asie. Les Australiens jettent le vin français aux égouts, les Néo-Zélandais brûlent le drapeau français. D'énormes manifestations sont organisées en Asie contre ces essais.
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C'est aussi durant ce mandat qu'un certain nombre d'affaires de corruption et d'abus de biens sociaux font surface. Il est accusé d'avoir utilisé les fonds de la mairie de Paris pour des emplois fictifs, d'avoir truqué des élections avec des faux électeurs dans certains arrondissements de la capitale et d'avoir eu un appétit « gargantuesque » en tant que maire, dépensant plus de 700 euros en moyenne par jour entre 1987 et 1995 en frais de bouche. Toutes ces accusations provoquent la consternation générale et le rejet du monde politique par le peuple.
Ses actifs sont les suivants:
D'une manière générale, il aura beaucoup déçu pendant son premier mandat.
En 2002, il est de nouveau candidat à l'élection présidentielle basant sa campagne avant tout sur les thèmes de la sécurité et des baisses d'impôts. Lionel Jospin est aussi candidat et semble plus populaire que Jacques Chirac. Bien que son gouvernement ait réussi au niveau économique avec une baisse sensible du chômage, le bilan reste mitigé concernant la sécurité et la lutte contre la délinquance. Jacques Chirac utilisera cette faiblesse pendant la campagne exacerbant les sentiments d'insécurité. De ce fait, il fait aussi le jeu du Front National, mouvement d'extrême droite qui prône depuis plusieurs années une politique anti-immigration et sécuritaire. Lionel Jospin est battu au premier tour de la présidentielle par Jacques Chirac mais aussi par Jean-Marie Le Pen, leader d'extrême droite, provoquant l'émotion et la consternation.
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Jacques Chirac remporte finalement l'élection présidentielle au deuxième tour avec un score sans aucune commune mesure : 82,21 %. Ce score est expliqué par le fait qu'un grand nombre d'électeurs ont rejeté en masse l'extrême droite en votant pour Jacques Chirac sans vraiment adopter son programme. La même année, l'UMP (l'Union pour la Majorité"), le parti de Jacques Chirac, remporte aussi les élections législatives lui redonnant ainsi tous les pouvoirs et la liberté d'action qu'il n'avait pas eu pendant son premier mandat.

Jean-Pierre Raffarin est nommé Premier ministre et entame la mise en œuvre de certaines des promesses de la campagne : baisse de l'impôt sur le revenu et multiplication d'actions ciblées contre la délinquance.
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Nicolas Sarkozy est nommé ministre de l'Intérieur. Ses premières réformes visent à lutter contre l'insécurité routière. Plusieurs réformes sont votées : réforme des retraites et de la sécurité sociale, la décentralisation.

Conscient de son inaction pendant son premier mandat, Jacques Chirac se veut plus actif au niveau international. Du 26 août au 4 septembre 2002, Jacques Chirac est présent au sommet de la Terre qui s'est tenu à Johannesburg. Il est accompagné par des représentants de quelques entreprises françaises des secteurs des services essentiels, et par des ONG. Il affirme, dans le cadre d'une intervention restée célèbre : «Notre maison brûle et nous regardons ailleurs». Sur le plan international, il soutient Bush après les attentats du 11 septembre. Il est d'ailleurs le premier chef d'état à se rendre sur les lieux des attentats et assure de tout soutien dans la lutte contre le terrorisme. La France intervient donc militairement en Afghanistan aux côtés des Américains.
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Néanmoins en 2003, il s'oppose à l'invasion de l'Irak par les Etats Unis. Il est caricaturé comme le principal opposant et comme un traître par les pays anglo-saxons. Les relations avec les États-Unis deviennent exécrables et Chirac doit faire face aussi à une campagne hostile des medias anglo-saxons comme The Sun qui le traite de « ver ».
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Cependant, la France et les Etats-Unis n'ont jamais cessé d'avoir des relations diplomatiques même pendant les premiers mois de la guerre en Irak. Les liens se sont resserrés après les premières difficultés américaines en 2005. Le point sur les relations diplomatiques entre Chirac et Bush est bien résumé dans le livre d'Henri Vernet et de Thomas Cantalouble «Chirac contre Bush, l'autre guerre» (disponible à FranceYoko).

Au niveau européen, les relations deviennent extrêmement complexes. Afin de doter l'Europe d'une constitution, la France avait proposé un texte qui devait être ratifié par chaque état membre de l'union. Compte tenu de la complexité du texte, beaucoup de pays ont utilisé la voie parlementaire plutôt que le référendum populaire. Chirac prend le risque de passer le texte par référendum. Les Français votent massivement « non » à ce référendum sur la constitution européenne, bloquant ainsi l'Europe et mettant Chirac dans l'embarras. Il s'était en effet impliqué personnellement dans ce référendum pensant que les français étaient profondément pour l'Europe. Beaucoup ont d'ailleurs voté « non » contre Jacques Chirac et sa politique plutôt que contre l'Europe et sa constitution. Sa popularité est alors au plus bas.
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Sa rivalité avec Nicolas Sarkozy ne cesse d'augmenter; les deux hommes se détestent cordialement. Jean-Pierre Raffarin ne peut pas contrôler les deux hommes et s'épuise dans cette rivalité. Au niveau national, la situation économique n'est pas particulièrement bonne; Raffarin doit faire face à un énorme déficit qui est interdit par Bruxelles puisque la France fait partie de la zone Euro depuis 2002. Elle doit par conséquent contrôller ses dépenses publiques de manière très stricte.
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Epuisé, le Premier ministre démissionne et laisse la place à Dominique de Villepin.
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Malgré leur rivalité, Chirac nomme une nouvelle fois Sarkozy en tant que ministre de l'Intérieur. La rivalité entre Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac prend alors le dessus mais le président ne peut pas se passer de son ministre de l'Intérieur devenu très populaire et perçu comme un ministre efficace. D'ailleurs, Nicolas Sarkozy ne cache pas ses ambitions pour l'élection présidentielle de 2007 ce qui irrite Jacques Chirac. Dès lors, Chirac compte sur de Villepin pour barrer la route de Sarkozy à la candidature. Chirac considère Sarkozy comme un opportuniste et un traître. En effet, Nicolas Sarkozy avait soutenu la candidature d'Edouard Balladur, un concurrent de Jacques Chirac, à l'élection présidentielle de 1995. Ces deux personnalités ont toujours eu des relations conflictuelles comme cela l'est relaté dans l'excellent livre «Le Rebelle et le Roi » de Béatrice Gurrey (disponible à FranceYoko).

Son refus de la guerre en Irak lui a donné un prestige international aussi bien en Europe que dans certains pays sous-développés. Chirac en profite pour se faire le défenseur des pays pauvres et émergents. Il commence alors une série de rencontres avec des dirigeants africains et sud-américains. De plus, il a toujours eu d'excellentes relations avec Vladimir Poutine qu'il a décoré de la Légion d'Honneur.
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Chirac est aussi un grand admirateur du Japon qu'il a visité plusieurs fois et où il a rencontré de nombreuses personnalités politiques et médiatiques:
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Néanmoins, depuis le référendum européen, les sondages de popularité le concernant sont au plus bas et ne remontent que lentement. Le 2 septembre 2005, il est hospitalisé à l'hôpital militaire du Val de Grâce, pour un accident vasculaire cérébral (ou attaque cérébrale) ayant entraîné un léger trouble de la vision qui disparaît en quelques jours. Il en sort le 9 septembre 2005, mais ne doit pas prendre l'avion pendant quelques semaines. Il peine à masquer la rivalité qui l'oppose à Nicolas Sarkozy, rendue plus aiguë depuis l'accident du président.
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Les relations avec les Etats-Unis se réchauffent du fait des difficultés en Irak. Chirac n'apprécie pas Bush mais les deux pays continuent néanmoins à combattre le terrorisme en Afghanistan depuis 2001.

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De Villepin devint plus populaire que Sarkozy et aurait pu même être un candidat possible pour l'élection présidentielle de 2007. Cependant une réforme du marché du travail votée à la va-vite et en force par le parlement va démolir cette popularité. Cette réforme portant sur le "C.P.E" (Contrat Première Embauche) était supposée apporter une plus grande flexibilité sur la marché du travail pour les jeunes diplômés. Les jeunes diplômés auraient eu un salaire un peu inferieur et aurait pu être licenciés plus facilement. Cette réforme était supposée décroître le chômage parmi les jeunes diplômés qui reste l'un des plus élevés d'Europe (environ 25% des jeunes diplômés sont au chômage en France). Cependant, cette réforme fut considérée comme inacceptable par de nombreux étudiants et le pays dut faire face à de nombreuses grèves et manifestations étudiantes. Même Sarkozy était contre cette réforme bien qu'il était au gouvernement. Pendant un certain temps, de Villepin voulait garder cette réforme malgré les manifestations mais finalement abandonna et Chirac retira le C.P.E.
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Fin 2005, selon un sondage, 1 % des Français souhaitent que Jacques Chirac soit le candidat de l'UMP à l'élection présidentielle de 2007. En outre, un Français sur trois déclare souhaiter que le chef de l'État démissionne de l'Élysée pour provoquer une présidentielle anticipée. De son coté, Villepin est laissé K.O. par sa réforme ratée du marché du travail. Seul Nicolas Sarkozy confirme sa popularité en tant que ministre de l'Intérieur puisqu'il arrive à maîtriser de fortes émeutes en banlieue en 2005. Jacques Chirac renonce finalement à se représenter une troisième fois du fait de sa très faible cote de popularité et il annonce qu'il soutiendra Nicolas Sarkozy. Ce dernier sera élu président de la République le 6 mai 2007.

Le bilan de son second mandat est mitigé. Il restera très populaire à l'étranger surtout pour s'être opposé à la guerre en Irak, pour avoir favorisé le dialogue entre cultures et pris la défense du Tiers-Monde. Grand admirateur de l'Afrique et des arts africains, il fut très apprécié par bon nombre de chefs d'états africains ainsi que par Vladimir poutine. A la fin de son mandat, Chirac inaugure un musée dédié aux arts premiers, le musée du quai Branly dont voici quelques photos:
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Ceci dit, le bilan de Jacques Chirac sur le plan intérieur est médiocre. A l'issue de ses douze années de mandats, il laisse une France profondément divisée (comme l'ont montré les émeutes dans les banlieues de la fin 2005 ou le "non" au référendum sur la Constitution Européenne), endettée (1142 milliards d'euros en 2006, soit 63,7% du PIB), et en décrochage économique par rapport à ses partenaires européens et au reste du monde.
Jacques Chirac s'est surtout révélé profondément incapable de mettre en oeuvre les réformes nécessaires à la modernisation de la France, alors que dans le même temps les voisins européens de la France réformaient leurs économies en profondeur - et en particulier le gouvernement de Gerhard Schröder en Allemagne, pourtant socialiste et Verts, faisant par exemple passer l'âge de la retraite à 67 ans. Après l'échec des projets de réforme et le traumatisme des grandes grèves de la fin 1995, Jacques Chirac a semblé comme tétanisé par la menace de la rue et des syndicats (qui ne représentent pourtant que moins de 10% des salariés), et a renoncé à entreprendre toute réforme qui aurait pu être impopulaire.
Il a néanmoins rapproché la France et l'Allemagne sur les questions européennes avec Angela Merkel à la fin de son mandat.
L'un des meilleurs livres qui résume bien l'inertie du président face à des réformes nécessaires pour le pays est «la tragédie du président» de Franz Olivier Giesbert (disponible à FranceYoko).
Pendant ses deux mandats, Jacques Chirac était protégé par l'immunité présidentielle et ne pouvait se présenter devant la justice. Ceci était d'ailleurs dénoncé par la presse du monde entier surtout lors de son premier mandat pendant la série d'affaires de corruption.

Cette immunité étant maintenant levée, Jacques Chirac doit maintenant répondre d'affaires de corruption et de financement illégaux de parti politique devant la justice.
Pas si facile d'être président....
On peut admirer les caricatures politiques sous les liens suivants:
Voici quelques caricatures de Chirac:
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